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CONTRIBUER

Haut et bas de gamme dans une économie sans argent

samedi 27 avril 2013, par Admin

Cet appel à contribution a pour objet les incidences qu’aura l’accès sans argent aux produits et services sur leur conception, leur exécution et distribution.

Aujourd’hui l’acheteur calcule ses achats en fonction de son budget. Lorsque celui-ci est réduit, il doit se contenter de produits qui satisfont a minima ses besoins de base.
Les entreprises en tiennent compte et diversifient les marchandises offertes selon des hauts et bas de gamme. Une certaine image des prestiges du « haut de gamme » se conserve dans les marchandises de bas de gamme, mais pas toujours. Certaines entreprises se spécialisent dans les produits « populaires ». Elles se font une concurrence à mort et, pour abaisser les prix, abaissent la qualité des entrants, élèvent la charge en sucres, sel et huiles. En amont, les animaux sont nourris avec des farines qui font du poids, et les sols avec des produits qui en abaissent constamment la qualité. Il faut industrialiser, concentrer et délocaliser, le tout au mépris des conditions de travail et de la transmission des savoirs-faire.
Les services chargés de réprimer les fraudes, les inspecteurs du travail, sont impuissants. Le moral des entrepreneurs eux-mêmes est atteint.
En ce qui concerne les aliments, les effets sur la santé sont connus. Obésité, boulimie, addictions de compensation : sucrades et corps gras. Les effets sur la psychologie des usagers, humiliés par leurs achats, sont aussi graves : les revanches, compensations et « oublis » se cherchent dans l’alcool, la drogue. Sans compter les réactions émotionnelles et brutales.
Ce désastre général explique que la grande masse des consommateurs « ne croient plus » en ce qu’ils achètent. Ceux qui en ont les moyens cherchent un peu de respect du côté du « bio », qui a lui aussi déjà son haut et bas de gamme et où les fournisseurs doivent lutter contre la concurrence.

Le but de votre contribution est de montrer les effets positifs que l’accès sans argent aura sur l’ensemble de la chaîne productive.
A travers le geste de « prendre sans payer », nous vous invitons à imaginer ce qui changera dans l’éventail et la qualité des produits proposés, la façon même dont la production de biens et services sera organisée, les changements dans le mode de consommation, la relocalisation, la solidarité entre régions et nations, l’emploi du temps et, d’une manière générale, sur la maîtrise de leurs usages par les usagers.