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PROSPER

L’argent et après ?

mercredi 29 février 2012, par Admin

Pour quelles raisons l’usage de l’argent s’est-il imposé ?

Pour quelles raisons son usage doit-il être aujourd’hui abandonné ?

Les mêmes.

L’usage de l’argent a certes facilité les échanges, mais il a toujours, mécaniquement, réservé en priorité l’accès des biens et services à ceux qui en ont. Il prive donc la majorité du fruit du travail collectif. Même s’il n’a pas été inventé pour cette raison, comment empêcher d’exploiter cette propriété ? Aussi longtemps qu’argent il y aura, classes sociales il y aura et lutte des classes.

Hors d’un cadre restreint, aucune création de richesses ne peut être envisagée si on n’a pas l’argent pour les financer et si elles ne produisent pas d’enrichissement monétaire. « La libre entreprise » est donc un vain mot. Ne survivent que les entrepreneurs capables de soutenir et renouveler les technologies les plus pointues, parmi lesquelles celles de la guerre, rempart ultime des oligarchies.

L’usage de l’argent, par construction, fait obstacle à ce qu’il promet.

Emis avec intérêt, il oblige les entrepreneurs à en rendre plus qu’ils n’en ont reçu. La croissance monétaire, indispensable à la « bonne marche » de l’économie, oblige à fermer les yeux sur la nature des produits et services créés. Elle oblige à les produire en abondance pour faire des économies d’échelle et enlever les marchés. Quelle que soit leur compatibilité avec le renouvellement des ressources naturelles (produits « verts »), l’obligation d’en produire en masse s’achève en friches industrielles et en déserts.

On ne peut faire la décroissance matérielle dans un système qui exige la croissance monétaire.

Peut-on civiliser l’argent ?

N’est-ce pas le but des monnaies dites alternatives ? Elles combattent la capacité d’accumuler l’argent. Certaines excluent son émission avec intérêt. Elles incitent à relocaliser l’économie. Mais aucune de ces monnaies ne prévoit comment abonder en amont les revenus des usagers.

Seule la monnaie « distributive », émise sans intérêts, s’annulant au moment de l’achat, distribuée leur vie durant aux usagers en proportion de la valeur attribuée à la production pendant une certaine période, introduit une véritable rupture. Elle éradique l’inflation. Tout ce qui est produit peut être acheté.

Elle a néanmoins encore deux défauts : elle met des prix sur les choses, ce qui tend à leur donner une autre valeur que la valeur d’usage, et en attribue une aux usagers, en hiérarchisant les revenus. Elle risque donc de faire encore primer les désirs induits par les moyens supérieurs des usagers ayant un revenu supérieur dans le choix des produits et services.

Peut-on se passer de monnaie ?

Cette hypothèse suppose de désactiver le circuit qui prend en compte des prix au moment du passage des produits devant la caisse. Seul le circuit qui informe des renouvellements nécessaires nous intéresse.

Cette information, rendue possible par l’informatisation des données (codes-barres) remonte du commerçant aux producteurs, et de ceux-ci à leurs propres fournisseurs. Elle est précise, totalement objective : il y a, il y en a, ou pas, et en telle quantité. Elle permet de recentrer l’économie sur le local, et d’équilibrer l’utilisation des ressources naturelles avec leur renouvellement. Elle intéresse tous les usagers.

Mise en œuvre à l’étude dans la revue PROSPER (courriel : prosper.dis@wanadoo.fr) et sur DESARGENCE.ORG